Parle-moi, triste enfant aux yeux pâles, délivre-moi de ce mutisme voilé de douleur, et arrache les épines une à une en m'offrant ton sourire.
Élargis ta bouche et laisses-en s'échapper les rires qui guérissent, des histoires de famille ou de longues légendes sur les dunes qui s'étendent.
Je laisserai perler deux gouttes de mes yeux que tu pourras boire en ton nom, ainsi tu ne mourras pas de soif et continueras ton histoire sur la vie, celle que je n'ai encore jamais connue mais dont tu m'ouvres toutes les portes. Car c'est en te voyant pointer le ciel du doigt que j'en connus toutes les envergures et que le soleil m'ouvrit les yeux d'une triste lumière où tes pieds nus et écorchés s'en allaient mendier le pain.
Reviens à moi, et conte-moi l'histoire de tes ancêtres qui perchaient une plume à leurs cheveux, et n'entrecoupe ton rire que si tu as besoin de respirer, je t'offrirai ensuite une pièce et mon c½ur pour avoir su me faire exister.
Reviens à moi, ou n'oublie pas d'être heureux...



