.

.
.
Parle-moi, triste enfant aux yeux pâles, délivre-moi de ce mutisme voilé de douleur, et arrache les épines une à une en m'offrant ton sourire.
Élargis ta bouche et laisses-en s'échapper les rires qui guérissent, des histoires de famille ou de longues légendes sur les dunes qui s'étendent.
Je laisserai perler deux gouttes de mes yeux que tu pourras boire en ton nom, ainsi tu ne mourras pas de soif et continueras ton histoire sur la vie, celle que je n'ai encore jamais connue mais dont tu m'ouvres toutes les portes. Car c'est en te voyant pointer le ciel du doigt que j'en connus toutes les envergures et que le soleil m'ouvrit les yeux d'une triste lumière où tes pieds nus et écorchés s'en allaient mendier le pain.
Reviens à moi, et conte-moi l'histoire de tes ancêtres qui perchaient une plume à leurs cheveux, et n'entrecoupe ton rire que si tu as besoin de respirer, je t'offrirai ensuite une pièce et mon c½ur pour avoir su me faire exister.
Reviens à moi, ou n'oublie pas d'être heureux...
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 18 novembre 2009 15:22

Las once y cincuenta y tres, hora del sol.

Las once y cincuenta y tres, hora del sol.
.


Ma vie, c'est un grand film. Long et rempli de rebondissements. Comme musique de fond il y a celle de mon enfance, ou d'autres qui rappellent à des souvenirs lumineux. Ma vie, c'est moi au centre d'eux, qui les pointe du doigt pour qu'ils s'y accrochent et ne s'y décrochent plus. Ma vie est longue, tirée en longueur et en largeur prenant la forme des contours des yeux et du c½ur. Elle ressemble parfois aux nuits sombres et pluvieuses, et souvent au levée du soleil qui me fait naître, puis renaître sans ne jamais s'éteindre. Ma vie a pour images les couleurs des crépuscules où ton visage s'immisce en secret. Elle a le goût de l'éclat de rire, et s'étire comme un grand sourire qui fend le visage à coup de longues déroutes, de grands voyages. Ma vie me ressemble, et elle et moi, ensemble, nous formons les deux larmes qui perlent et s'enroulent sur elles-même le long des joues, se perdent dans la vide et s'écrasent au sol. Car ma vie dégringole vers le bas, le soir, pour mieux s'élever à nouveau, dès l'aube.

# Posté le mardi 16 juin 2009 17:06

Modifié le jeudi 18 juin 2009 03:42

Hono

Hono
.



Il y a le toucher de ta main dans la mienne, et les pots de vin que l'on boit. Il y a les mots tendres qui disent que l'on s'aime entre quelques éclats de voix.

Il y a l'ivresse qui nous emporte derrière rires et mélodies. Et ton poing qui frappe à ma porte quand tous les autres sont partis.

Il y a nos cheveux dans le vent quand on regarde par la fenêtre. Là où le paysage s'enfuit en courant et le bonheur s'empare de mon être.

Il y a les nuits froides à pleurer, et ton jardin verdoyant. Nos longues journées à danser et nos quelques jeux d'enfants.

Il y a ton disc-man dans nos oreilles et nos vieilles musiques d'antan. Et quand dès le réveil, ensemble nous chantions.

Il y a le temps où j'étais loin de toi à t'envoyer un peu de ma joie. A recevoir tes longues lettres qui souvent m'ont fait renaître. Et alors entre quelques plis, il y avait toi, mon amie, celle de toute une vie...

# Posté le mardi 03 mars 2009 11:05

El Condor Pasa

El Condor Pasa
Au pied d'une verte colline qui s'élève de terre bien plus haut que toutes les briques de ciment, il y a au loin le condor qui passe. Dans le ciel d'azur voilé parfois de nuages il se perd dans une fumée de brouillard. Les pierres roulent en sens inverse, les pétales se déploient au réveil et se referment à la nuit tombée lorsque quelques étoiles s'allument et s'éteignent à coup de clins d'½il à la terre. La nature reprend possession du monde dans un décor existant pour celui qui, fermant les yeux, poussera ses rêves du bout de son c½ur, et celui qui, les ouvrant simplement, découvrira les pointes des montagnes dénudées de neige, les arbres frôlant le ciel, un sol tapissé d'herbe et de ses plus charmantes compagnes, plumes au vent, fleurs ensoleillées, brise émouvante. Et alors, c'est quand tu regarderas plus loin que ces longues routes qui brisent l'étendu des plaines, plus loin que ces tours vertigineuses si petites à côté de l'immensité d'un paysage au goût d'éternel, plus loin encore que les lignes infinies de l'horizon que tu trouveras cette légèreté d'être dans une liberté ponctuée de tendre solitude. C'est là que tu te trouveras toi-même. Pour faire le chemin, suis le vol du condor qui passe.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 25 janvier 2009 12:43

Modifié le dimanche 25 janvier 2009 14:08

.

“Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin
Je te cherche par-delà l'attente
Par-delà moi-même
Et je ne sais plus tant je t'aime
Lequel de nous deux est absent.”
Paul Eluard
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 19 janvier 2009 04:19